- Distinguer kavod et oneg Chabbat, zakhor et chamor.
- Savoir préparer le vendredi et allumer les bougies selon le Yalkout Yossef.
- Maîtriser le kiddouch, le lehem michné, les trois repas et les grandes lignes de la havdala.
1Les notions de base
Kavod et Oneg Chabbat כבוד ועונג שבת
« Si tu appelles le Chabbat délice, le jour saint de l’Éternel honoré… » (Isaïe 58:13).
- Kavod (honneur) : ce que l’on fait avant Chabbat en son honneur : douche chaude, beaux vêtements.
- Oneg (délice) : ce que l’on fait pendant Chabbat : bien manger, bien boire.
KYY 242:1, 6
Zakhor et Chamor זכור ושמור
- Chamor (garder) : s’abstenir des travaux interdits.
- Zakhor (se souvenir) : sanctifier le jour, surtout par le kiddouch.
Les deux ont été dits « en une seule parole » : c’est pourquoi les femmes sont tenues au kiddouch par la Torah. Les deux bougies leur correspondent.
KYY 271:9 ; 263:2
Mitsva bo yoter mibechelouho מצוה בו יותר מבשלוחו
« La mitsva incombe davantage à la personne qu’à son envoyé. » Même avec de l’aide, chacun prépare lui-même quelque chose pour Chabbat.
Les grands Sages du Talmud coupaient les légumes ou fendaient le bois : honorer le Chabbat, c’est cela la vraie dignité.
KYY 250:1, 4
Hadlakat nérot הדלקת נרות
L’allumage des bougies est une obligation de chaque foyer. La femme passe en priorité ; il est bon que le mari prépare les bougies.
Un homme seul, ou marié passant Chabbat loin de chez lui, allume avec bénédiction. Les filles vivant chez leurs parents n’allument pas (selon l’usage séfarade).
KYY 263:10-14
Tossefet Chabbat תוספת שבת
« Ajouter du profane au sacré » : accepter Chabbat quelques instants avant le coucher du soleil. Selon le Yalkout Yossef, il n’y a pas de durée minimale.
KYY 263:47-48 ; 261:6
Lehem michné לחם משנה
Deux pains entiers à chaque repas de Chabbat, en souvenir de la double part de manne reçue le vendredi dans le désert. Hommes et femmes y sont tenus.
KYY 274:4, 11
Kiddouch bimkom séouda קידוש במקום סעודה
« Tu appelleras le Chabbat délice » : le kiddouch se fait là où l’on prend son repas, et on mange tout de suite après. Sans repas au même endroit (au moins 27 g de pain ou de gâteau, ou un réviit de vin), le kiddouch ne compte pas.
KYY 273:1, 8-10, 15
Chomea keoné שומע כעונה
« Celui qui écoute est comme celui qui récite. » On s’acquitte du kiddouch ou de la havdala en les écoutant, si celui qui récite a l’intention d’acquitter et celui qui écoute l’intention d’être acquitté. On répond amen.
KYY 271:30-31
Les mesures שיעורים
- Réviit : 81 g (environ 8 cl), la contenance de la coupe.
- Mlo lougmav : environ 42 g, une gorgée qui remplit la joue : ce que l’on boit.
- Kazayit : environ 27 g de pain.
- Kabeitsa : environ 54 g, la quantité d’un vrai repas.
KYY 271:24, 37 ; 273:10 ; 274:23
Plag hamin’ha פלג המנחה
1 h 15 (en heures relatives) avant la nuit. C’est le moment le plus tôt où l’on peut allumer les bougies et accepter Chabbat. L’heure idéale reste environ 20 minutes avant le coucher du soleil.
KYY 263:45, 47
2Les halakhot essentielles
Les préparatifs du vendredi
Se lever tôt le vendredi pour préparer Chabbat ; on peut faire ses courses dès le jeudi si on craint de ne plus trouver les produits. Il est bon de dire de chaque achat : « en l’honneur de Chabbat ». KYY 250:1-3
Goûter les plats le vendredi pour vérifier qu’ils sont réussis est une mitsva. KYY 250:6
Douche chaude de tout le corps (à défaut, au moins visage et mains), hommes et femmes, pas trop près de la nuit. KYY 260:1
Ongles et cheveux : les couper s’ils sont longs (jeudi ou vendredi). On ne jette pas les rognures d’ongles par terre. KYY 260:2-3
Beaux vêtements propres, mis dès le vendredi soir, même seul à la maison : ils honorent le Chabbat, pas les gens qui regardent. KYY 262:3-4, 6
La maison : ménage, nappe, table dressée, lits faits, de préférence près du soir pour que l’on voie que c’est pour Chabbat. KYY 242:7 ; 262:1
Pas de grand repas inhabituel le vendredi, pour arriver à Chabbat avec appétit (sauf repas de mitsva : brit mila…). KYY 249:2-3
Vider ses poches avant la nuit. KYY 252:13
Chnayim mikra véèhad targoum : lire la paracha deux fois dans le texte et une fois en traduction, au plus tard avant le repas du samedi midi. On peut la lire petit à petit dans la semaine. Les femmes en sont dispensées. KYY 285:1, 3, 5, 12
L’allumage des bougies
L’heure : idéalement environ 20 minutes avant le coucher du soleil (en cas de besoin, 10 minutes). Pas avant le plag hamin’ha, et jamais après le coucher du soleil. En cas de doute, on n’allume pas. KYY 263:45, 47, 50
Note : À CHEMTOV, l’heure d’allumage figure chaque semaine sur le tableau des horaires.
La bénédiction se dit AVANT d’allumer, comme pour toute mitsva : « … lehadlik ner chel Chabbat », sans ajouter « kodech ». Même celle qui avait l’habitude familiale inverse doit changer. KYY 263:32-34, 37
Note : Péniné Halakha rapporte l’usage de nombreuses communautés (allumer, se couvrir les yeux, puis bénir). On suit le Yalkout Yossef.
Si l’on a oublié la bénédiction et que toutes les bougies sont allumées, on ne bénit plus. S’il en reste une, on bénit avant de l’allumer. Ne pas parler entre la bénédiction et l’allumage. KYY 263:35-36, 38
Nombre de bougies : une suffit selon la stricte loi ; l’usage est d’en allumer au moins deux. En ajouter est louable. KYY 263:2-3
Allumer près de la table du repas. Huile d’olive idéale, bougies de cire valables. Donner un peu de tsédaka avant ; la femme mariée se couvre la tête. KYY 263:9, 58, 62
L’allumage ne fait pas entrer Chabbat automatiquement (selon le Choulhan Aroukh) : avant le coucher du soleil, la femme peut encore faire un travail nécessaire. Il est bien de le stipuler une fois par an. De préférence, elle prie Min’ha avant d’allumer. KYY 263:52, 54, 56
Lumière électrique : on préfère de vraies bougies. Si c’est impossible (hôpital, hôtel), on peut bénir sur une lampe électrique allumée pour Chabbat. KYY 263:66
Le kiddouch du vendredi soir
Dire le kiddouch est une mitsva de la Torah ; les Sages l’ont fixé sur une coupe de vin. Hommes et femmes y sont tenus. Rentrer vite de la synagogue pour le faire. KYY 271:1, 3, 9
Ne rien manger ni boire après le coucher du soleil avant le kiddouch, même de l’eau. KYY 271:17
Vin (de préférence rouge) ou jus de raisin. Jamais sur du café, du thé, un jus de fruit ou un soda. Sans vin le vendredi soir : kiddouch sur le pain. KYY 272:5, 12, 19
La coupe contient au moins un réviit : 81 g, soit environ 8 cl. Les deux pains sont couverts pendant le kiddouch. KYY 271:23-24
Note : Péniné Halakha retient 75 ml. On suit le Yalkout Yossef.
Usage séfarade : kiddouch du vendredi soir debout (on boit assis), kiddouch du samedi matin assis. KYY 271:28
Ceux qui écoutent s’acquittent s’ils en ont l’intention ; ils répondent seulement amen (pas « baroukh hou ou baroukh chemo »). KYY 271:30-31
Celui qui fait le kiddouch boit au moins 42 g (environ 4 cl, une gorgée qui remplit la joue). Que tous goûtent est bien, mais pas indispensable. KYY 271:37-40
Kiddouch à l’endroit du repas : le kiddouch ne compte que si l’on mange ensuite au même endroit, au moins 27 g de pain ou de gâteau (ou un réviit de vin). KYY 273:1, 8-10
Le pain et les trois repas
À chaque repas, bénir sur deux pains entiers (un pain prétranché ne compte pas). On les tient des deux mains, on coupe après la bénédiction, on trempe dans le sel. On ne tend pas le pain de la main à la main. KYY 274:6, 9-10, 18-20
Les repas du vendredi soir et du samedi midi se font avec du pain : au moins 54 g idéalement (sinon un kazayit, environ 27 g). KYY 274:22-23
Kiddouch du samedi matin : versets, bénédiction sur le vin, assis, puis lavage des mains et pain. Rien goûter après la prière avant ce kiddouch. Sans vin, on peut le faire sur une boisson alcoolisée courante. KYY 289:1-4 ; 272:16-17
Séouda chelichit : un vrai repas avec un peu plus de 54 g de pain, même sans faim. À partir de min’ha guedola, de préférence après Min’ha et avant le coucher du soleil. Pas de kiddouch. KYY 291:1, 4-5, 7
La sortie de Chabbat (en bref)
Pas de travail interdit tant que Chabbat n’est pas sorti. Le Yalkout Yossef recommande d’attendre 72 minutes après le coucher du soleil (Rabbénou Tam) avant les travaux de la Torah. KYY 293:1-3
Note : À CHEMTOV, l’heure de sortie figure sur le tableau des horaires.
Ordre de la havdala : vin, parfums, flamme, havdala. On la fait assis, sur du vin (jamais sur du café ou un soda). KYY 296:1, 6, 10
Les femmes sont tenues à la havdala par la Torah et peuvent la faire elles-mêmes. On ne s’acquitte pas par téléphone. KYY 296:13, 22
3À retenir
✓ En pratique
- Le matin : courses « en l’honneur de Chabbat », cuisine, goûter chaque plat ; faire soi-même au moins une chose.
- Chnayim mikra si ce n’est pas fait.
- L’après-midi : ongles, douche chaude, sans attendre trop tard.
- Maison rangée, nappe, table dressée, plata et minuteries réglées.
- Poches vidées, beaux vêtements mis avant l’allumage.
- Tsédaka, bénédiction puis allumage environ 20 min avant le coucher du soleil.
- Sur la table : coupe d’au moins 8 cl, vin ou jus de raisin, deux pains entiers couverts, sel.
✗ Erreurs fréquentes
- Bénir après l’allumage en se couvrant les yeux : selon le Yalkout Yossef, on bénit avant.
- Faire le kiddouch sur un jus d’orange ou un soda : bénédiction en vain.
- Entendre le kiddouch chez le voisin puis rentrer dîner chez soi : on n’est pas quitte.
- Allumer au dernier moment, ou après le coucher du soleil.
- Grignoter avant le kiddouch une fois le soleil couché.
- Oublier la séouda chelichit, ou la faire sans pain ; utiliser un pain prétranché pour les deux pains.
4Pour aller plus loin : le sens
La semaine a un corps, les jours de travail, et une âme, le Chabbat. Préparer le Chabbat pendant la semaine élève les jours ordinaires : ils prennent leur valeur du Chabbat qu’ils préparent.
D’après Péniné Halakha, Chabbat 2:1.
La maison rangée, les beaux vêtements et les plats soignés montrent que la sainteté ne se limite pas à l’étude et à la prière : la matière aussi peut être sanctifiée. C’est pourquoi, même si un plat est raté, on évite toute colère : la paix du foyer fait partie de l’honneur du Chabbat. Les bougies servent à la fois l’honneur, le délice (on ne savoure pas un repas dans le noir) et la paix du foyer.
D’après Péniné Halakha, Chabbat 2:5 et Péniné Halakha, Chabbat 4:1.
5Questionnaire de fin de séance
1QCM Selon le Yalkout Yossef, qu’est-ce qui relève du kavod Chabbat ?
- a) Manger et boire pendant Chabbat
- b) Ce que l’on fait avant Chabbat en son honneur (douche, beaux vêtements)
- c) Chanter les chants de table
2Vrai ou faux Une personne qui a de l’aide pour tout préparer n’a rien à faire elle-même pour Chabbat.
- Vrai
- Faux
3QCM Selon le Yalkout Yossef, quand dit-on la bénédiction sur les bougies ?
- a) Après l’allumage, les yeux couverts
- b) Avant l’allumage
- c) Au choix
4Cas pratique Yaakov, marié, passe Chabbat seul à l’hôtel. Sa femme allume à la maison. Que fait-il ?
5QCM Quelle contenance minimale faut-il pour la coupe du kiddouch ?
- a) 4 cl
- b) 81 g, environ 8 cl
- c) 15 cl
6Vrai ou faux Selon l’usage séfarade, le kiddouch du vendredi soir se dit debout, celui du samedi matin assis.
- Vrai
- Faux
7Cas pratique Sarah entend le kiddouch chez sa voisine, puis rentre dîner chez elle. Est-elle quitte ?
8QCM Pas de vin à la maison le vendredi soir. Que faire ?
- a) Le kiddouch sur un jus d’orange
- b) Le kiddouch sur une bière
- c) Le kiddouch sur le pain
9QCM Quelle quantité de pain faut-il idéalement pour la séouda chelichit ?
- a) Aucune, des fruits suffisent
- b) Un peu plus de 54 g (sinon un kazayit)
- c) Un kazayit, et c’est l’idéal
10Vrai ou faux Les femmes ne sont pas concernées par la havdala.
- Vrai
- Faux
Corrigé du questionnaire (cliquer pour afficher)
b. Le kavod se fait avant Chabbat, le oneg pendant. KYY 242:6
Faux. « Mitsva bo yoter mibechelouho » : chacun prépare lui-même au moins une chose. KYY 250:1, 4
b. Comme pour toute mitsva, on bénit avant de l’accomplir. KYY 263:33-34
Il allume lui-même avec bénédiction. Si l’hôtel interdit les flammes, il peut bénir sur une lampe électrique. KYY 263:13, 66
b. 4 cl (42 g) est la quantité à boire, pas la contenance de la coupe. KYY 271:24, 37
Vrai. Et il est bien de boire assis le vendredi soir. KYY 271:28
Non. Le kiddouch ne compte qu’à l’endroit du repas : elle doit le refaire chez elle, sans rien goûter avant. KYY 273:1-3
c. Le jus d’orange n’est jamais valable ; la bière ne l’est que pour le kiddouch du matin. Le jus de raisin, lui, est valable. KYY 272:12, 16, 19
b. Les autres aliments ne servent qu’en cas d’impossibilité réelle. KYY 291:1, 14
Faux. Elles y sont tenues par la Torah et peuvent la faire elles-mêmes. KYY 296:13